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À l’ONU, Judith Suminwa place la crise dans l’Est de la RDC au cœur du message de Kinshasa

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NEW YORK — 24 septembre 2026. À la tribune des Nations unies, la Première ministre congolaise Judith Suminwa a défendu une réforme du système multilatéral tout en consacrant une large partie de son intervention à la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Son message : pour Kinshasa, les accords et résolutions internationales doivent désormais être suivis d’effets concrets sur le terrain.

Réformer une gouvernance mondiale jugée insuffisamment représentative

Judith Suminwa a d’abord porté la voix de la RDC sur la réforme de la gouvernance internationale. Elle a notamment plaidé pour une représentation accrue de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies.

Kinshasa soutient notamment l’attribution de deux sièges permanents à l’Afrique, ainsi que de deux sièges non permanents supplémentaires. Pour la Première ministre congolaise, le continent africain doit participer davantage aux décisions qui concernent la sécurité et la gouvernance mondiales.

Son intervention a également abordé les transformations liées aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, et la nécessité d’adapter les institutions internationales à ces nouveaux enjeux.

La guerre dans l’Est, principale préoccupation congolaise

Mais c’est la situation dans l’est de la RDC qui a occupé une place centrale dans son discours.

Judith Suminwa a rappelé que les populations de cette partie du pays vivent depuis plusieurs décennies au rythme des conflits armés. Déplacements de populations, violences, fermeture ou destruction d’écoles, crise humanitaire et exploitation des ressources naturelles : la Première ministre a dressé le tableau d’une crise dont les conséquences dépassent largement le seul domaine militaire.

Elle a accusé le Rwanda de soutenir le M23/AFC, une accusation régulièrement formulée par Kinshasa et rejetée par Kigali. Dans son intervention, la Première ministre a également évoqué la menace posée par les ADF et d’autres groupes armés actifs dans le pays.

Kinshasa mise sur Washington et Doha

Face à cette situation, Judith Suminwa affirme que la RDC privilégie la voie diplomatique.

Elle a cité les processus de Washington et de Doha, ainsi que l’implication de l’Union africaine, comme les principaux cadres actuels de recherche d’une solution.

Mais pour Kinshasa, la priorité n’est plus d’accumuler les déclarations diplomatiques. Il faut désormais mettre en œuvre les engagements déjà pris.

La Première ministre demande notamment des mécanismes de suivi, de vérification et de partage d’informations, ainsi qu’un calendrier permettant de mesurer concrètement les avancées.

Les FDLR au centre du débat avec Kigali

Autre dossier sensible : les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Judith Suminwa affirme que Kinshasa assume ses responsabilités concernant ce groupe et rappelle les engagements pris en matière de désarmement, de démobilisation, de cantonnement et de rapatriement ou de relocalisation de ses membres.

Elle a surtout cité une opération présentée comme un résultat concret : le 8 septembre 2026, 120 personnes associées aux FDLR ont été rapatriées avec l’appui de la MONUSCO, selon les éléments avancés par Kinshasa.

Pour la Première ministre, cette évolution doit contribuer à répondre aux préoccupations sécuritaires invoquées par Kigali. Elle estime toutefois que la question des FDLR ne peut justifier le maintien d’une présence militaire étrangère sur le territoire congolais.

La résolution 2773, un autre levier diplomatique

Judith Suminwa s’est également appuyée sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité pour rappeler les exigences internationales concernant la cessation des hostilités, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien aux groupes armés.

Kinshasa insiste ainsi sur un principe : les décisions adoptées au Conseil de sécurité doivent être appliquées.

Cette position intervient alors que les processus diplomatiques de Washington et de Doha cherchent précisément à transformer les engagements politiques en mesures concrètes sur le terrain.

« La paix reste à concrétiser »

Le discours de Judith Suminwa porte donc un double message.

À l’extérieur, Kinshasa veut apparaître comme un acteur engagé dans le multilatéralisme et favorable à une réforme des institutions internationales, notamment pour donner davantage de poids à l’Afrique.

Sur le dossier congolais, le gouvernement veut également démontrer qu’il privilégie les négociations et les mécanismes internationaux, tout en exigeant des résultats vérifiables.

Le défi reste considérable. Malgré les différents cadres diplomatiques, la paix dans l’est de la RDC demeure à concrétiser.

Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer Washington, Doha et les décisions du Conseil de sécurité en engagements effectivement appliqués sur le terrain.

Et derrière cette bataille diplomatique demeure la même question : comment mettre durablement fin aux violences dans l’est de la RDC et restaurer l’autorité de l’État sur les territoires affectés par les conflits ?