Goma, 15 octobre 2026 — L’année académique 2026-2027 est officiellement lancée à Goma, dans un contexte de désaccord persistant entre les autorités de Kinshasa et l’administration de l’AFC/M23 sur la gestion de l’enseignement supérieur dans l’est de la République démocratique du Congo.
La cérémonie intervient après la décision du ministère congolais de l’Enseignement supérieur, prise le 20 août dernier, de suspendre les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu. Cette mesure concerne notamment les inscriptions, les enseignements, les examens et les délibérations. Kinshasa invoque la situation sécuritaire ainsi que la nécessité de préserver la régularité des cursus et la valeur des diplômes.
En réaction, l’AFC/M23 a annoncé, dans une circulaire du 22 septembre, la reprise de l’année académique dans les zones sous son contrôle. La cérémonie de ce 15 octobre marque donc une nouvelle étape dans cette confrontation institutionnelle.
Mais derrière la reprise des activités, une question essentielle demeure : quel avenir pour les étudiants dont les études se poursuivent en dehors du cadre reconnu par le gouvernement central ?
Ce qu’il faut savoir
Les étudiants de Goma pourront-ils obtenir des diplômes reconnus en RDC ?
À ce stade, aucune garantie générale de reconnaissance par le gouvernement central ne peut être affirmée. La suspension ministérielle crée un risque juridique et administratif pour les établissements publics concernés, notamment en matière de validation des examens et de délivrance des titres académiques. La reconnaissance dépendra notamment des décisions officielles qui seront prises et de la régularisation éventuelle des cursus.
Pourquoi Kinshasa a-t-il suspendu les activités académiques ?
Le ministère invoque principalement les impératifs de sécurité, la régularité du fonctionnement des établissements et la protection de la valeur des diplômes. La décision intervient également dans un contexte de désaccord sur la gestion et les nominations au sein de certaines institutions universitaires.
Les étudiants risquent-ils de perdre leur année ?
Le risque existe si aucun compromis n’est trouvé. Une année suivie sans mécanisme de validation reconnu pourrait compliquer les transferts vers d’autres universités, la poursuite des études et l’accès à certains emplois. Cela ne signifie toutefois pas que tous les parcours seront automatiquement invalidés.
Quelle solution pour éviter une année universitaire compromise ?
Un dialogue entre le ministère national, les responsables académiques et les représentants des étudiants apparaît indispensable. Il faudrait notamment clarifier le statut des établissements, sécuriser les dossiers académiques et définir un mécanisme transparent de validation des cours, des examens et des diplômes.
Entre droit à l’éducation et bataille institutionnelle
La reprise des cours à Goma répond à une préoccupation majeure : permettre aux jeunes de poursuivre leur formation malgré le conflit. Mais ouvrir une année académique ne suffit pas à garantir la valeur des diplômes à long terme.
L’enjeu dépasse donc la cérémonie de lancement. Il s’agit d’éviter que les étudiants deviennent les principales victimes d’un différend politique et administratif qui les dépasse. Une solution durable devra protéger à la fois leur droit à l’éducation et leur avenir professionnel.
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