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RDC : DIALOGUE NATIONAL, CONSTITUTION ET TROISIÈME MANDAT, TSHISEKEDI CLARIFIE SA POSITION DEVANT L’UNION SACRÉE

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KINSHASA, 25 octobre 2026 — ANALYSONS KONGO | Jean Kamani

Réuni le samedi 24 octobre à la Cité de l’Union africaine (OUA), à Kinshasa, avec les députés nationaux et plusieurs cadres de l’Union sacrée de la nation, le président Félix Tshisekedi a placé le dialogue national, la crise sécuritaire dans l’Est et l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo au centre des échanges.

Selon une source proche de la rencontre, le chef de l’État a annoncé la mise en place, dès la semaine prochaine, d’une équipe chargée de préparer le dialogue national. Il a demandé aux élus de sa famille politique d’en expliquer les objectifs à leurs électeurs, alors que les spéculations sur une éventuelle révision constitutionnelle alimentent le débat politique.

Dialogue national : deux facilitateurs de l’Union africaine attendus

Selon les informations recueillies par notre rédaction, deux facilitateurs de l’Union africaine, un homme et une femme, devraient accompagner le processus. L’équipe annoncée par le président doit notamment préparer les modalités du dialogue et contribuer à créer les conditions nécessaires à sa tenue.

Félix Tshisekedi présente cette démarche comme un moyen de rétablir un fonctionnement normal de l’État et de favoriser une paix durable. Il conteste l’interprétation selon laquelle cette initiative viserait avant tout à modifier la Constitution pour prolonger son maintien au pouvoir.

Le choix d’un accompagnement africain pourrait donner au processus une dimension plus inclusive. Toutefois, sa crédibilité dépendra de la composition de l’équipe préparatoire, de la participation des différentes forces politiques et sociales, ainsi que des garanties offertes aux acteurs qui ne font pas partie de la majorité.

Constitution : Tshisekedi entretient le débat, mais écarte une ambition personnelle de troisième mandat

La question constitutionnelle constitue l’un des points les plus sensibles de la rencontre. D’après une source proche des échanges, le président aurait déclaré ne pas aimer la Constitution actuelle, tout en affirmant que sa modification relève de la responsabilité des Congolais.

« Je n’aime pas cette Constitution », aurait-il affirmé devant les membres de l’Union sacrée, selon cette même source. Il aurait également évoqué l’hypothèse d’une réflexion sur le texte en 2028, tout en soulignant sa volonté de remettre le pays sur les rails et d’instaurer une paix véritable et durable.

Le chef de l’État aurait par ailleurs assuré ne pas être personnellement fixé sur l’obtention d’un troisième mandat et ne pas vouloir que le débat sur le dialogue soit réduit à son avenir politique.

Ces propos rapportés appellent une distinction importante : ouvrir un débat sur la Constitution ne signifie pas automatiquement annoncer sa révision, et évoquer une réflexion future ne constitue pas une décision officielle. Toute modification éventuelle devra respecter les procédures constitutionnelles applicables, notamment les dispositions qui ne peuvent faire l’objet d’une révision.

Est de la RDC : appel à la mobilisation derrière les FARDC

Sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi a appelé les élus de sa majorité à mobiliser la population derrière les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il a rappelé, selon les informations communiquées à notre rédaction, que le pays faisait face à une agression et a affiché sa confiance dans les capacités de l’armée.

Le président s’est montré optimiste quant à l’évolution de la situation militaire, tout en reconnaissant la persistance d’infiltrations. Il a réaffirmé la détermination du gouvernement à faire face aux défis sécuritaires dans l’Est.

Cet optimisme présidentiel devra cependant être évalué à l’aune de la situation sur le terrain : protection des civils, contrôle territorial, retour des déplacés et progrès vers une paix durable.

Joseph Kabila : un nom qui, selon notre source, n’a pas été évoqué

Autre élément rapporté par une source proche de la réunion : le nom de l’ancien président Joseph Kabila n’aurait pas été cité au cours des échanges. Cette absence ne permet toutefois pas de conclure que son rôle ou celui de son camp politique est exclu des enjeux du dialogue national.

Analyse : un dialogue attendu au-delà des déclarations politiques

La rencontre du 24 octobre révèle trois priorités affichées par Félix Tshisekedi : préparer un dialogue national, renforcer la mobilisation autour des FARDC et clarifier sa position sur les spéculations constitutionnelles.

Le principal défi reste celui de la confiance. Pour être crédible, le dialogue devra dépasser le cercle de l’Union sacrée et offrir des garanties suffisantes aux acteurs politiques et sociaux qui contestent la démarche du pouvoir. De même, les déclarations relatives à la Constitution devront être clarifiées par des actes et des engagements institutionnels sans ambiguïté.

L’enjeu central n’est donc pas seulement de savoir si la Constitution sera débattue, mais de déterminer si le dialogue permettra de rapprocher les Congolais autour de règles communes, d’une paix durable et du respect de l’ordre constitutionnel.

ANALYSONS KONGO — Jean Kamani

Note de rédaction : cet article s’appuie sur les éléments transmis par une source proche de la rencontre. Les citations attribuées au président n’ayant pas été recoupées ici avec un compte rendu officiel intégral, elles sont présentées au conditionnel.