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Le Rwanda à la tête du G77 en 2027 : une nouvelle vitrine diplomatique pour Kigali

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New York — 28 septembre 2026. Le Rwanda prendra en 2027 la présidence du Groupe des 77 et de la Chine , une coalition qui rassemble aujourd’hui 134 pays en développement au sein du système des Nations unies. Kigali a été choisi par acclamation le 25 septembre, lors de la réunion ministérielle annuelle du G77 à New York.

Cette présidence durera un an, pendant toute l’année 2027 . Elle revient à l’Afrique selon le principe de rotation entre les trois grandes régions du G77 : Afrique, Asie-Pacifique et Amérique latine-Caraïbes.

Le G77, c’est quoi exactement ?

Malgré son nom, le G77 ne compte plus 77 membres. Créé en 1964 par 77 pays en développement, le groupe en rassemble aujourd’hui 134 . La Chine travaille avec le groupe, d’où l’appellation « G77 et Chine ». Il constitue la plus grande organisation intergouvernementale de pays en développement au sein du système de l’ONU.

Son objectif principal est de permettre aux pays du Sud de coordonner leurs positions et de peser collectivement dans les négociations internationales , notamment sur le développement, le financement, le commerce, le climat, la technologie et la coopération Sud-Sud.

La présidence donne au pays qui l’exerce un rôle de porte-parole et de coordinateur du groupe dans les différents processus des Nations Unies. Il ne s’agit donc pas d’un pouvoir permettant au Rwanda de décider à la place des 134 pays. Kigali devra surtout rechercher des compromis et défendre les positions communes du groupe.

Pourquoi le Rwanda ?

Le Rwanda n’a pas été choisi dans le cadre d’une compétition opposant plusieurs pays africains. Pour 2027, c’était le tour de l’Afrique d’assumer la présidence, et le groupe africain avait endossé la candidature du Rwanda . Les États membres ont ensuite approuvé cette candidature par acclamation.

Pour Kigali, cette désignation constitue néanmoins une nouvelle responsabilité diplomatique importante. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe , a déclaré que son pays entendait défendre les positions collectives des membres et faire avancer les intérêts des pays en développement.

Ce que Kigali pourrait chercher à faire

La présidence intervient dans une période où les pays du Sud exercent davantage de poids dans les institutions internationales. Dans sa déclaration de septembre 2026, le G77 a notamment insisté sur la réforme de la gouvernance économique mondiale, le financement du développement, le climat, le commerce et la coopération internationale.

Pour le Rwanda, l’enjeu sera donc de transformer cette présidence en capacité de coordination diplomatique . Kigali devra notamment rapprocher les positions de pays qui ont parfois des intérêts très différents : les États africains, les pays asiatiques, les États d’Amérique latine et des Caraïbes.

C’est là que se trouve l’un des principaux défis : diriger le G77 ne signifie pas imposer une ligne rwandaise . La présidence exige au contraire de trouver des positions acceptables par un ensemble très diversifié de pays.

Quel impact pour l’Afrique ?

Pour l’Afrique, la présidence rwandaise offre une tribune supplémentaire pour mettre en avant des dossiers qui concernent le continent : financement du développement, dette, accès aux technologies, changement climatique, commerce international et réforme des institutions financières mondiales.

Le G77 a d’ailleurs réaffirmé récemment son soutien à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à l’augmentation du commerce intra-africain.

Le Rwanda devra donc tenter de faire le lien entre les priorités africaines et celles des autres pays du Sud.

Et pour la région des Grands Lacs ?

C’est probablement sur ce terrain que la présidence rwandaise sera particulièrement importante.

La région des Grands Lacs reste confrontée à une situation sécuritaire fragile, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo. Quelques jours avant la désignation du Rwanda, l’Union africaine, l’ONU, l’Union européenne et plusieurs partenaires appelaient encore à renforcer les efforts diplomatiques en faveur d’une solution politique au conflit dans l’est de la RDC.

La présidence du G77 ne donne pas au Rwanda un mandat pour négocier directement la crise congolaise au nom du groupe . Mais elle place Kigali dans une position diplomatique internationale plus visible, avec davantage d’occasions de dialogue avec des États africains, asiatiques, latino-américains et avec les institutions multilatérales.

Dans une région où les relations entre Kigali et Kinshasa restent particulièrement sensibles, cette nouvelle responsabilité sera donc scrutée de près.

Une influence diplomatique supplémentaire pour Kigali ?

Oui, mais il faut mesurer précisément ce que cela signifie.

La présidence du G77 permettra au Rwanda d’occuper pendant un un poste de coordination et de représentation d’un groupe de 134 pays . Elle peut accroître sa visibilité dans les débats de l’ONU et offrir à Kigali davantage d’occasions de défendre ses priorités diplomatiques.

Mais cette influence aura des limites : le Rwanda devra parler au nom d’un groupe très diversifié et rechercher un consensus . La présidence ne transforme donc pas Kigali en décideur du G77.

Pour l’Afrique et particulièrement pour les Grands Lacs, la question sera désormais de savoir comment le Rwanda utilisera cette responsabilité : pour porter des priorités africaines et celles du Sud global, tout en maintenant sa capacité à dialoguer avec des positions parfois divergentes.

Une chose est certaine : en 2027, le Rwanda sera placé au cœur d’une partie importante des discussions entre les pays du Sud et le système des Nations Unies.