RDC : le choléra progresse dans l’ombre d’Ebola, plus de 3 100 décès déjà enregistrés

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Par Celine | Analysons Kongo

Alors que l’attention est largement concentrée sur la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola Bundibugyo dans l’est de la République démocratique du Congo, une autre urgence sanitaire continue de s’aggraver : le choléra.

Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la RDC a enregistré 106 401 cas suspects de choléra depuis janvier 2026, dont 3 124 décès, soit un taux de létalité proche de 3 %.

L’épidémie touche désormais 56 zones de santé réparties dans 16 des 26 provinces du pays. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent à elles seules 52 % des cas, alors que ces régions restent confrontées à l’insécurité, aux déplacements massifs de populations et à un accès limité aux soins.

Dans l’ouest du pays, la maladie gagne également du terrain. Les provinces du Kwango et du Sud-Ubangi sont désormais touchées. Le Sud-Ubangi a signalé 270 nouveaux cas suspects en une seule semaine, représentant 21 % des cas hebdomadaires enregistrés à l’échelle nationale.

L’OMS précise que des équipes sont déployées pour soutenir les autorités sanitaires congolaises à travers le renforcement de la surveillance, la prise en charge des malades, les campagnes de sensibilisation ainsi que les interventions en eau, hygiène et assainissement.

Analyse : une urgence sanitaire qui risque d’être sous-estimée

L’ampleur de cette épidémie montre que la RDC fait face à une crise sanitaire multiple. Si Ebola attire naturellement l’attention en raison de sa gravité et de son impact médiatique, le choléra continue de provoquer un nombre élevé de décès dans un silence relatif.

La persistance des conflits armés dans l’est du pays, les déplacements de populations, le manque d’accès à l’eau potable et les insuffisances des infrastructures sanitaires créent un environnement favorable à la propagation de la maladie. Cette situation complique également les interventions des équipes médicales.

Au-delà de la réponse d’urgence, cette épidémie rappelle la nécessité d’investir durablement dans les systèmes de santé, l’accès à l’eau potable et l’assainissement. Sans ces mesures structurelles, les flambées de choléra risquent de se répéter chaque année avec des conséquences humaines importantes.

Source : Organisation mondiale de la Santé (OMS).